We are building a better web presence. Visit our beta website to take part in a better experience which will replace the current site by the end of the year.

Décision Janus: une tentative de manipuler les droits des travailleurs/euses

28 Juin 2018
La Cour suprême des Etats-Unis a récemment dirigé une attaque malavisée contre les fonctionnaires américain(e)s en rendant sa décision dans l’affaire Janus c. AFSCME Council 31, qui renverse les précédents juridiques et les relations patronat-syndicats bien ancrées.

 

Il va sans dire qu’une telle décision nuira immanquablement aux employé(e)s du secteur public aux Etats-Unis et au-delà, ce qui encouragera les sociétés commanditaires à poursuivre leurs attaques contre les droits des travailleurs/euses aux quatre coins du monde. Les affiliés de l’ISP du monde entier affichent leur solidarité avec les fonctionnaires américain(e)s qui vont désormais redoubler d’efforts pour renforcer encore plus les syndicats et poursuivre leur plaidoyer en faveur de services publics de qualité, malgré les obstacles engendrés par cette décision.

L’affaire Janus est une attaque politique flagrante et bien financée par un réseau fortuné de « groupes de réflexion » antisyndicaux de droite, visant à trafiquer les règles économiques au détriment des travailleurs/euses américain(e)s. Les PDG milliardaires et les intérêts des grandes sociétés à l’origine de cette affaire, ainsi que les politicien(ne)s qui ont accepté leur financement, se sont associés pour diriger une nouvelle attaque contre les travailleurs/euses, en s’en prenant à la liberté des fonctionnaires de se regrouper dans des syndicats forts. Les forces qui soutiennent cette affaire sont bien conscientes que la mise en place de syndicats forts permet aux travailleurs/euses d’obtenir le pouvoir et la voix nécessaires pour équilibrer les règles du jeu économique et politique. Ces sociétés veulent y mettre un terme et faire tout leur possible pour affaiblir les syndicats qui donnent du pouvoir aux travailleurs/euses.

L’affaire a été ouverte par Bruce Rauner, gouverneur milliardaire de l’Illinois, dans le cadre d’une manœuvre politique claire visant à utiliser les tribunaux pour attaquer les travailleurs/euses des services publics. Et, dans une lettre à ses partisans dévoilée par The Guardian, le PDG du State Policy Network (SPN) – une ONG financée par les sociétés – explique l’intention réelle de leur soutien à l’affaire Janus et de leur campagne nationale, à savoir: porter un « coup fatal » et « dépouiller et briser » les syndicats américains. Le contexte de cette affaire est clair et bien établi. Depuis 1977, une décision de la Cour suprême connue sous le nom de Abood régit les relations patronat-syndicats entre les employeurs et les employé(e)s du secteur public aux Etats-Unis. Elle permet aux employé(e)s et aux employeurs de déterminer librement les politiques en matière de travail qui servent au mieux la population. Ce nouveau jugement Janus renverse l’histoire et annihile le précédent bien ancré de ces 40 dernières années.

« L’analyse du contexte de cette affaire révèle clairement que la nouvelle décision Janus vise à manipuler les droits des travailleurs/euses, à les empêcher de s’unir pour demander de meilleures conditions de travail et à miner leur plaidoyer en faveur de services publics de qualité. Je sais que, malgré cette décision, les fonctionnaires américain(e)s poursuivront leur lutte pour défendre leurs droits et se renforceront grâce à leurs syndicats, en dépit des obstacles que la Cour a placés sur leur chemin. Les employé(e)s du secteur public du monde entier les soutiennent. » – Rosa Pavanelli, Secrétaire générale de l’ISP

« Les syndicats demeureront toujours la force et le moyen les plus efficaces pour les travailleurs/euses d’accéder à la classe moyenne. Cette attaque politique infâme, sans précédent, et destinée à trafiquer les règles économiques au détriment des travailleurs/euses, ne change en rien le fait que l’Amérique a, aujourd’hui plus que jamais, besoin des syndicats. Nous sommes plus déterminés que jamais à nous battre de toutes nos forces afin de gagner, pour nos membres et pour les communautés qui leur sont chères. Les membres de l’AFSCME ne font pas ce travail pour devenir riches. Ils/Elles le font par vocation – et pour ce service, ils/elles méritent le respect. Ils/Elles méritent les mêmes libertés que les PDG et les milliardaires qui continuent de manipuler les règles au détriment des les autres. Le mouvement syndical américain subsiste et nous serons là chaque jour; nous lutterons farouchement pour tou(te)s les travailleurs/euses, pour nos libertés et pour notre pays. » Lee Saunders, Président, AFSCME

« Les avis juridiques dissidents ont bien compris la nature réelle de cette affaire – une déformation et une utilisation abusive du premier amendement, sans aucune preuve ni raison, afin de nuire à la population. Abood était non seulement entièrement fidèle à la philosophie du premier amendement, mais il a été réaffirmé à six reprises et appliqué à d’autres affaires qui se sont conclues par un maintien des cotisations des avocat(e)s au Barreau et des droits d’inscription des étudiant(e)s pour les activités dans les universités publiques. » Randi Weingarten, Présidente, AFT

« Cette décision est un nouvel exemple de la manipulation du système par les milliardaires à l’encontre des travailleurs/euses, mais les membres de la SEIU ne laisseront pas les extrémistes à l’origine de cette affaire nous diviser. Nous resterons unis, nous aiderons les travailleurs/euses qui luttent pour créer des syndicats et nous exhorterons nos dirigeant(e)s élu(e)s à faire tout leur possible pour s’assurer que les travailleurs/euses peuvent aisément se regrouper au sein de syndicats. » Mary Kay Henry, Présidente, SEIU

« La décision de la Cour suprême intervient à une époque où de trop nombreux/euses Américain(e)s se battent pour joindre les deux bouts. Les Teamsters et nos alliés au sein du mouvement syndical redoubleront d’efforts pour garantir que les travailleurs et les travailleuses se fassent entendre sur leur lieu de travail grâce à des syndicats forts. » – Jim Hoffa, Président général, Teamsters.

« L’objectif des auteurs de cette décision va bien au-delà du simple affaiblissement des syndicats et des travailleurs/euses du secteur public. Ils/Elles veulent anéantir toute opposition à leurs plans visant à éliminer toutes les protections dans le domaine de la santé et la sécurité publiques, des soins de santé, de la pollution environnementale, de la propreté de l’air et de l’eau, de la sécurité alimentaire et des normes sur le lieu de travail, car ils/elles considèrent que ces protections nuisent à leurs profits et à leur pouvoir autoritaire. Les infirmiers/ères ne resteront jamais silencieux/euses face à cette décision ou à n’importe quelle autre menace à l’encontre de nos patient(e)s, de nos membres et de nos communautés. » – Bonnie Castillo, Directrice exécutive, NNU.

« Au profit des 1 pour cent les plus riches et des groupes d’intérêt spécial, la Cour suprême a tenté de sonner le glas des syndicats du secteur public, mais les travailleurs/euses eux/elles-mêmes seront les seul(e)s maîtres de leur propre destin. Les travailleurs/euses sont conscient(e)s de l’importance des syndicats sur le lieu de travail et ceux-ci survivront. Lorsque les travailleurs/euses syndiqué(e)s paient pour négocier un contrat sur leur lieu de travail, toutes les personnes couvertes par ce contrat obtiennent de meilleurs salaires et avantages, une plus grande sécurité de l’emploi, des normes plus élevées en matière de santé et sécurité, et une aide pour régler les litiges sur le lieu de travail. » J. David Cox Sr., Président national, AFGE.

« Cette décision de la Cour suprême est une gifle en pleine figure pour le personnel de tout le secteur public des États-Unis : le personnel de l’éducation, de la santé et des services sociaux, des services municipaux, etc. », – Louise Chabot, Présidente de la CSQ.

 
    Interviews de RadioLabour avec les dirigeant(e)s de l’AFSCME, de l’AFT, de la SEIU et de la NEA:


AFSCME PresidentLee Saunders, Président de l’AFSCME, s’est exprimé lors d’une conférence de presse juste après la décision de la Cour suprême sur l’affaire Janus. Il était accompagné par Stephen Mittons, un enquêteur de la protection de l’enfance du comté de Cook, dans l’Illinois.

« Les syndicats demeureront la force la plus efficace pour les travailleurs/euses d’accéder à la classe moyenne, » a-t-il déclaré.

   Durée: 5'47"  Ecoutez ici! (en anglais)
 
 
AFT PresidentRandi Weingarten, Présidente de l’AFT, s’est exprimée lors d’une conférence de presse juste après la décision de la Cour suprême sur l’affaire Janus. Elle était accompagnée par Holly Kimpon, une enseignante du secondaire de Genoa, dans l’Ohio.

« Nous continuerons de lutter, de veiller, de nous manifester et de voter, » a-t-elle déclaré.

   Durée: 6'40"  Ecoutez ici! (en anglais)
 
SEIU President

Interview de Mary Kay Henry, Présidente de la SEIU, qui s’est exprimée lors d’une conférence de presse juste après la décision de la Cour suprême sur l’affaire Janus. Elle était accompagnée par Sara Campos, une spécialiste dans le domaine de la santé publique de Salem, dans l’Oregon.

« Cette décision est un nouvel exemple de la manipulation du système par les milliardaires à l’encontre des travailleurs/euses, » a-t-elle déclaré.

  Durée: 5'20"  Ecoutez ici! (en anglais)


NEA PresidentLily Eskelsen García, Présidente de la NEA, s’est exprimée lors d’une conférence de presse juste après la décision de la Cour suprême sur l’affaire Janus. Elle était accompagnée par Dan Greenberg, un enseignant du secondaire de Sylvania, dans l’Ohio.

« Les syndicats demeureront le meilleur moyen d’accéder à la classe moyenne, » a déclaré la Présidente de la NEA.

  Durée: 6'01"  Ecoutez ici! (en anglais)

 
 
 

Rapport mondial sur Radiolabour (29 juin 2018)

  • La Cour suprême des États-Unis se prononce contre les syndicats d'employé(e)s du secteur public
  • Affaire juridique de droite destinée à «dépouiller et briser» les syndicats

  Durée: 15'00" Ecoutez ici! (en anglais)

Voir aussi