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Conférence d’Astana : 40 ans après Alma-Ata

09 Janvier 2019
Plusieurs centaines de personnes, notamment des responsables politiques, des universitaires et des militant-e-s de la société civile se sont réunis à l’occasion de la Conférence mondiale sur les soins de santé primaires à Astana, au Kazakhstan, les 25 et 26 octobre, pour célébrer le 40ème anniversaire de la première conférence internationale sur les soins de santé primaires, qui avait eu lieu à Alma-Ata, dans le même pays.

La conférence, tenue du 6 au 12 septembre 1978, fut un événement décisif dans le sens où la Déclaration d’Alma-Ata définissait la santé comme un droit humain fondamental. C’est ce qui a permis de considérer que les soins de santé primaires étaient indispensables pour garantir la santé pour tous. Cependant, le monde n’a pas réussi à atteindre l’objectif de « santé pour tous » en l’an 2000, tel que l’avait établi la conférence.

La Conférence d’Astana, qui était organisée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et par l’UNICEF, comme la Conférence d’Alma-Ata, laissait entrevoir la possibilité de ranimer l’esprit d’Alma-Ata, « pour parvenir à une couverture santé universelle et atteindre les Objectifs de développement durable ».

La Déclaration d’Astana sur les soins de santé primaires, qui a été entérinée par les États membres de l’OMS au début de la conférence, reflète les espoirs qu’Alma-Ata avait fait naître en choisissant pour sous-titre « D’Alma-Ata à la couverture santé universelle et aux Objectifs de développement durable ».

La Déclaration, qui cherche à valoriser le rôle des soins de santé primaires dans les activités nationales en faveur de la couverture santé universelle et à proposer des actions concrètes pour progresser dans cette direction, s’articule autour de quatre piliers dans le but « de lutter contre les difficultés d’aujourd’hui et de saisir les opportunités pour la santé à l’avenir ».

Ces quatre piliers sont les suivants : donner les moyens d’agir aux citoyen-ne-s pour qu’ils/elles s’approprient leur santé et leurs soins ; faire des choix politiques audacieux en matière de santé ; placer la santé publique et les soins primaires au centre de la couverture de santé universelle ; harmoniser le soutien des partenaires avec les politiques, les stratégies et les plans définis à l’échelle nationale.

Des organisations de la société civile ont mis en place une série de manifestations en marge de la conférence dénommées « café sessions », telles que « l’Appel à un nouvel ordre économique mondial – l’élément oublié de la Déclaration d’Alma-Ata » lancé par Medicus Mundi International, que l’ISP a soutenu.

Les participant-e-s à cette session ont noté que l’élément politique central de la Déclaration d’Alma-Ata résidait dans son appel à un Nouvel ordre économique international. Quarante ans après, ce message fondamental est absent de la commémoration de ce moment historique. Or, si le contexte socioéconomique de la prestation des soins de santé n’est pas pris en compte, l’objectif de la santé pour tous risque d’être très difficile à atteindre.

Le modèle néolibéral de développement qui domine la théorie et la pratique à l’heure actuelle constitue un obstacle considérable au droit à la santé pour l’immense majorité de la population mondiale. C’est pourquoi un nouvel ordre économique mondial qui place le peuple au-dessus du profit est indispensable pour garantir des soins de santé universels.

La Conférence d’Astana comporte également des présentations audiovisuelles, parmi lesquelles deux vidéos de l’ISP sur la santé.

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